Amsterdam

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Amsterdam

Vous promener dans les rues de l’ancien quartier Juif d’Amsterdam vous ferait plonger dans des siècles de vie juive Hollandaise authentique. En attendant, Kountrass vous fait voyager virtuellement au cœur de cette « petite Jérusalem ».

la « petite Jérusalem »

Naissance de la communauté

La communauté juive hollandaise daterait de la fin du XVIe siècle – début du XVIIe siècle, période durant laquelle de nombreux crypto-juifs portugais ont immigré en Hollande, voyant d’un œil favorable ce pays non-catholique dépourvu de toute relation avec l’Espagne de l’Inquisition. La Hollande quant à elle a encouragé l’installation de Juifs, d’une part par intérêt économique, et d’autre part pour renforcer son opposition à l’Église catholique. Petit à petit, les Juifs portugais ont été rejoints par leurs « frères » d’Espagne, du Portugal, d’Italie, de Turquie et d’Afrique du nord. Ils se répartirent en trois communautés qui se sont par la suite unifiées. Ils fondèrent  de nombreuses institutions toraniques et la grande synagogue espagnole construite sur l’eau. Ce magnifique bâtiment reste d’ailleurs un site  touristique.

Une communauté florissante

Les années 1630 furent marquées par l’immigration de Juifs achkenazes, originaires du sud ou de l’ouest de l’Allemagne puis de différents pays d’Europe. Les persécutions et les pogroms perpétrés en Pologne et en Lituanie dans les années 1650 engendrèrent une grande vague d’immigration de Juifs d’Europe orientale. Parmi les plus grands rabbanim de la communauté achkenaze, on peut mentionner le Hakham Tswi, le rav Aryé Leib Kalish et son fils, le rav Chemouel ou encore le rav Eliézer Roka’h. Pour les Juifs originaires de Turquie et d’Afrique du nord, les Pays-Bas devinrent le lieu où ont pu être réunis les fonds nécessaires à l’impression de livres saints et au financement de Yechivoth. Les Pays-Bas sont vus aussi comme le lieu privilégié des échanges d’idées entre judaïsme sefarade et judaïsme achkenaze. À partir du XIXe siècle, des écoles privées ouvrirent leurs portes.

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Les « Peqidé va-Armakelé Erets Israël » est un organisme intéressant et original qui a fonctionné essentiellement au XIXe siècle. Il a été fondé à Amsterdam en 1809 par Tswi Hirsch Lehren, un banquier et homme d’action local. Cet organisme a servi de plaque tournante entre l’Europe et la Terre sainte à cette époque, visant à mieux aider les habitants d’Erets Israël, alors en pleine expansion, à la suite des grandes ‘Alyoth des disciples du Ba’al Chem Tov et ceux du Gaon de Vilna.

Lehren tenait à ce que ces fonds aillent directement soutenir les étudiants en Tora du pays.

 

Le ciel s’assombrit

La situation politique au XIXe siècle (retrait de la France des frontières hollandaises, chute de Napoléon et création du « Royaume des Pays Bas »), fut responsable de l’extinction progressive du judaïsme. Les Juifs hollandais qui constituaient jusqu’alors une micro-société de 50 000 âmes se retrouvèrent subitement aux portes du monde moderne. Ils revendiquèrent une égalité de droits qui s’accompagna d’un processus d’assimilation. Si jusqu’au XIXe siècle les Juifs habitaient le quartier juif, au XXe siècle même les plus modestes travailleurs quittèrent les murs du ghetto.

Par ailleurs, avec la montée d’Hitler au pouvoir, des milliers de Juifs allemands et polonais trouvèrent refuge aux Pays-Bas, mais ils furent également déportés. Internés tout d’abord à Westerbork en Hollande, les Juifs furent envoyés en masse vers les camps de la mort en Pologne. En 1944, la ville d’Amsterdam fut quasiment vidée de ses Juifs. Rares ont été les survivants de la communauté juive hollandaise.

 

La communauté juive d’Amsterdam aujourd’hui

On dénombre 33 000 Juifs amstellodamois dont près de 8 000 israéliens. La synagogue portugaise et la synagogue achkenaze font preuve d’une entente exemplaire. Chacune a un office quotidien, malgré le nombre assez restreint de fidèles. Les quatre anciennes synagogues achkenazes abritent désormais le musée historique juif dénommé « Joods Historisch Museum ».

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En outre, deux écoles juives sont aujourd’hui en activité : « Maïmonides » fréquentée par 250 élèves ainsi que « le ‘héder », établissement religieux séparé mis en place pour les 250 à 300 familles orthodoxes. Bien que l’ampleur du judaïsme hollandais ait nettement diminué, il continue d’exister. Une belle preuve de la perpétuité de notre peuple, qui doit sa survie à la Bonté divine !

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