De hauts responsables israéliens fustigent l’Europe : « Une faiblesse embarrassante, de véritables serpillières »

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À Jérusalem, des responsables de haut rang s’en prennent violemment à l’Europe pour son « manque de fermeté » dans le conflit régional. Ils affirment que le Vieux Continent se contente de diplomatie de façade et n’apporte aucune aide concrète à la protection du détroit d’Ormuz ou des États du Golfe. Selon eux, Londres et Paris craindraient avant tout une flambée des prix de l’énergie.

Kol réga’ – Yanki Farber 

Des responsables israéliens ont vivement critiqué ce lundi les nations européennes, les accusant de faire preuve d’une « faiblesse évidente » face à l’offensive israélo-américaine contre l’Iran. Selon ces sources, la politique européenne menée envers Téhéran depuis des années se retourne aujourd’hui contre la région entière, sans que les pays de l’Union ne procèdent à la moindre remise en question.

Une absence de soutien stratégique

D’après des sources israéliennes, l’Europe ne se mobilise pas pour sécuriser les routes maritimes stratégiques du détroit d’Ormuz, pas plus qu’elle n’épaule les États du Golfe face aux agressions iraniennes. « Non seulement l’Europe n’aide pas, mais elle ne fait presque rien en coulisses. C’est sans aucun doute l’heure la plus laide de l’Europe », a déclaré un responsable israélien lors d’un entretien avec Itamar Eichner pour Ynet.

Cette même source précise que l’attention européenne est presque exclusivement accaparée par le conflit russo-ukrainien. Les nations du continent y consacrent l’essentiel de leurs ressources, peinant à ouvrir un second front au Moyen-Orient. Parallèlement, une certaine amertume grandit en Europe face à l’intention du président américain Donald Trump d’alléger les sanctions contre la Russie pour freiner la hausse des prix du pétrole — une démarche perçue par les Européens comme un abandon de l’Ukraine au profit d’un rapprochement avec Moscou.

Diplomatie sans dissuasion

Les autorités israéliennes soutiennent que, bien que les Européens soient conscients du danger posé par le régime des Ayatollahs, ils refusent de prendre des mesures significatives au-delà des discours diplomatiques. « Des paroles sans option militaire ne dissuadent personne. En Europe, on connaît la gravité de la menace, mais la volonté d’agir est inexistante », a martelé l’un des responsables.

Même l’aide « discrète » serait extrêmement limitée. Si une certaine coopération en matière de renseignement existe entre le MI6 britannique, le Mossad et la CIA, elle resterait, selon ces sources, marginale.

Focus sur la France et le Royaume-Uni

Jérusalem réserve ses critiques les plus acerbes à Londres et Paris. Des sources diplomatiques révèlent notamment que Londres aurait refusé d’autoriser des avions américains à décoller pour des opérations en Iran depuis la base de Diego Garcia (Océan Indien), un territoire stratégique sous souveraineté britannique abritant une base conjointe avec les États-Unis.

« La France et la Grande-Bretagne se sont révélées être de véritables « serpillières » concernant le détroit d’Ormuz », a affirmé une source. « Au lieu de voir dans cette campagne une opportunité historique de briser l’emprise iranienne sur la région, ils s’inquiètent surtout du coût de l’énergie. »

Les actions concrètes sont jugées dérisoires : l’envoi par la France d’un porte-avions et par le Royaume-Uni d’un chasseur de mines dans le détroit d’Ormuz est qualifié de « réponse extrêmement faible ».

Le cas chypriote et l’exception allemande

Les responsables israéliens notent avec amertume que même lorsque l’Iran a tiré en direction de Chypre, membre de l’Union européenne, aucune réaction d’envergure n’a été enregistrée. Ils dénoncent également un deux poids deux mesures humanitaire : l’UE apporte une aide aux civils libanais fuyant la Dahiya de Beyrouth, mais n’offre aucun soutien à Israël.

L’Europe s’inquiéterait pourtant des retombées du conflit sur son propre sol, redoutant des attentats perpétrés par des cellules dormantes activées par Téhéran.

Dans ce tableau sombre, seule l’Allemagne semble trouver grâce aux yeux de Jérusalem. « Les Allemands ont très nettement renforcé la sécurité autour de l’ambassade d’Israël et des institutions juives. Chez eux, la réaction a été claire et rapide », conclut un haut responsable.

1 Commentaire

  1. Normal que l’Europe ne fasse rien. Ce n’est pas un état. Et les états européens sont englués dans les catastrophes qu’ils ont eux-mêmes provoqués avec le développement de l’UE, leur asservissement à l’OTAN et aux USA.
    Quand l’UE aura disparue et si les états retrouvent leur souveraineté, peut-être redeviendront-ils des alliés crédibles et efficients.
    Il va falloir de la patience.

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