Pourquoi les Iraniens ne redescendent pas dans la rue ?

0
60

Les attaques se poursuivent à un rythme soutenu dans la capitale iranienne et dans d’autres régions du pays. Au cours des dernières heures, plusieurs frappes ont visé des infrastructures énergétiques et des dépôts de carburant à Téhéran, provoquant d’importants incendies et d’épais panaches de fumée visibles dans de nombreux quartiers de la ville. Dans le même temps, des informations font état de désertions au sein des forces armées iraniennes, un phénomène encore difficile à mesurer mais qui alimente les spéculations sur un possible affaiblissement interne du régime. Pourtant, malgré ces développements, les rues de Téhéran restent largement calmes.

Une partie de la population pourrait attendre un signal clair ou un appel explicite à manifester. Certains responsables occidentaux ont d’ailleurs appelé les Iraniens à la prudence, estimant qu’une mobilisation massive dans les rues pourrait mettre les civils en danger. Ces derniers jours, plusieurs tirs de missiles balistiques auraient été effectués depuis des zones urbaines densément peuplées, ce qui rend toute manifestation particulièrement risquée.

Mais la raison principale reste la crainte d’une répression immédiate. Des témoignages provenant de Téhéran décrivent une atmosphère de forte tension dans la capitale. Les miliciens du Basij, appuyés par les Gardiens de la révolution et les forces de sécurité, patrouillent dans plusieurs quartiers et seraient prêts à intervenir contre toute tentative de rassemblement. Déjà fragilisés par les frappes aériennes, ces groupes armés circuleraient dans les rues dans un climat de nervosité et de colère, attendant le moindre signe de contestation.

Des images diffusées récemment montrent des membres du Basij s’exprimant dans une mosquée et adressant un avertissement direct à la population. Leur message est explicite : « Votre sang sera sur votre tête », une menace claire destinée à dissuader toute manifestation. Ce type d’intimidation contribue à maintenir un climat de peur dans la capitale.

Ainsi, malgré les frappes militaires, les tensions internes et les premières informations sur des désertions, la population iranienne semble pour l’instant observer la situation avec prudence. Beaucoup attendent peut-être un moment plus favorable ou un affaiblissement plus visible du pouvoir. Mais tant que les forces de sécurité conservent leur capacité de contrôle dans les rues, la peur demeure le principal frein à une mobilisation massive contre le régime.

Aucun commentaire

Laisser un commentaire