Castaner veut dissoudre quatre associations prêchant le « djihad armé »

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A picture taken in Grande Synthe near Dunkirk early on October 2, 2018 shows a camera at the entrance of the "Centre Zahra France" religious association during a police operation of "terrorism prevention". - 3 people have been detained in police custody during the operation involving 200 policemen. (Photo by Philippe HUGUEN / AFP)

Le ministre de l’Intérieur a proposé mercredi la dissolution de quatre associations chiites, à Grande-Synthe (Nord). Elles sont accusées de légitimer le «djihad armé» et de faire l’«apologie» des actions d’organisations comme le Hamas ou la branche armée du Hezbollah.

Fin de partie pour le Centre Zahra France. C’est en tout cas le souhait du ministre de l’Intérieur. L’un des principaux centres chiites d’Europe, dirigé par Yahia Gouasmi, héberge trois associations de la même obédience, à Grande-Synthe (Nord): la Fédération chiite de France, le Parti antisioniste (PAS) et France Marianne Télé. Christophe Castaner a proposé mercredi en conseil des ministres leur dissolution, estimant qu’elles «légitiment de façon régulière le djihad armé».

Ces associations sont accusées de faire une «apologie constante» des actions d’organisations telles que le Hamas palestinien, le Djihad islamique palestinien et la branche armée du Hezbollah libanais. Toutes figurent «sur la liste des organisations terroristes», précise un communiqué de la place Beauvau. Il leur est reproché le contenu de prêches et de textes mis à disposition des fidèles et des internautes, dont «les dirigeants du Centre Zahra recommandent vivement la lecture», et un «endoctrinement de la jeunesse». Le ministre de l’Intérieur s’est dit «pleinement déterminé» à dissoudre, par décret, toutes les associations «qui attisent la haine, appellent aux discriminations, et font l’apologie de la violence».

Le Centre visé par une opération antiterroriste

Ça n’est pas le premier coup de boutoir qu’assène le gouvernement aux activités du Centre. Le 2 octobre dernier, 200 policiers nationaux sont mobilisés pour une opération de «prévention du terrorisme» visant le siège de l’association chiite. Trois personnes avaient été interpellées pour détention illégale d’armes à feu, dont le trésorier et fils du président du Centre, condamné à 18 mois de prison, dont six ferme. Les avoirs de la structure avaient été gelés. Le 17 octobre, le préfet du Nord, Michel Lalande, avait ordonné la fermeture de la salle de prière du centre pendant six mois. À l’époque, le préfet estimait déjà que l’association contribuait «à la diffusion de l’islam radical à l’échelle européenne».

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Ouvertement antisioniste, le Centre Zahra France s’est installé à Grande-Synthe en 2005. Étant une association cultuelle, elle «n’a jamais bénéficié de financements publics», précise la mairie au Figaro. Son site la présente comme une «structure d’accueil à caractère social, familial et religieux», dont le but est de «faire connaître le message de l’islam», en proposant aux fidèles une salle de prière, mais aussi des «colloques» et «tables rondes», peut-on lire sur son site. En 2011, est créée France Marianne Télé, «une chaîne de télévision libre et indépendante». Celle-ci est bien plus confidentielle que la chaîne Youtube du Centre qui réunit 12.000 abonnés depuis sa création 2014. La plupart des vidéos publiées sont des prêches du cheikh Jamel Tahiri. Ce dernier se présente comme un soutien du Hezbollah libanais et un opposant de Daech, de confession sunnite.

Un réseau fondé sur l’antisionisme

Bien qu’à vocation religieuse, le Centre a acquis une certaine notoriété, du fait des positions très politiques de son président franco-algérien Yahia Gouasmi. En 2007, il fonde la Fédération chiite de France, puis le Parti antisioniste en 2009. Le site du PAS décrit Yahia Gouasmi comme étant l’auteur d’«appels fraternels» inter-religieux, mais il aurait aussi érigé «la lutte contre le Mal», le sionisme qu’il «dissocie complètement du judaïsme», en «une obligation religieuse». L’homme noue des relations amicales avec d’autres personnalités antisionistes. En août 2008, le Centre reçoit Kémi Seba. Cet activiste franco-béninois avait effectué en 2006 une descente dans un quartier juif de Paris, avec un groupuscule suprémaciste noir dissous la même année.

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Les allers-retours de Yahia Gouasmi en Iran, pays à majorité chiite, sont fréquents. En 2009, il y rencontre l’ancien président Mahmoud Ahmadinejad, ultra-conservateur, en compagnie de Dieudonné. La même année, l’humoriste controversé avait conduit une liste en Île-de-France, lors des européennes de 2009, sur laquelle figurait aussi l’essayiste d’extrême droite Alain Soral. Le PAS s’était aussi engagé dans la course aux législatives et à la présidentielle de 2012.

La dissolution souhaitée par le ministre de l’Intérieur doit désormais être formellement décidée par le président de la République. Cette annonce intervient un mois après qu’Emmanuel Macron a demandé la dissolution de groupuscules d’ultradroite -Bastion social, Blood and Honour Hexagone et Combat 18- lors du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif).

Source www.lefigaro.fr

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