Les politiciens orthodoxes et religieux mobilisés contre l’ouverture des superettes de Tel Aviv le Chabbath

Les ministres orthodoxes et religieux au Premier Ministre : « l’ouverture des superettes à Tel Aviv shabbat est une remise en cause du statu quo ». Les députés orthodoxes ont vigoureusement protesté contre la décision de la Cour Suprême qui permet à la municipalité de Tel Aviv d’autoriser l’ouverture de 164 commerces le shabbat. Déri : « C’est une atteinte grave à la sainteté du shabbat » ; Litzman : « Nous allons engager un processus législatif pour contourner la Cour Suprême ». Les chefs des partis orthodoxes et de Bayit haYehudi exigent de rencontrer Nétanyahou.

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La Cour Suprême a statué mercredi que le gouvernement devait permettre l’entrée en vigueur de l’ordonnance municipale de Tel Aviv autorisant l’ouverture de 165 supérettes le Chhabbath.

Le jugement survient plus de trois ans après que la municipalité de Tel Aviv ait approuvé un règlement municipal qui légalise l’ouverture de ces magasins, déclenchant un conflit que deux gouvernements et pas moins de cinq ministres de l’Intérieur n’ont pas réussi à résoudre.

La problème est particulièrement épineux, car les politiciens ne veulent s’aliéner ni les partis politiques orthodoxes, qui s’opposent à l’activité commerciale en public Chabbath, ni à la majorité des résidents laïques de Tel Aviv, dont les représentants ont approuvé le règlement municipal.

La réticence des politiciens sur sujet brûlant est devenue presque grotesque plus tôt cette année, lorsque le cabinet n’a pas réussi à trancher la question, après qu’un comité gouvernemental ait soumis des recommandations politiques, en citant l’unification possible mais peu probable de Bath Yam avec Tel Aviv comme motif nécessitant de futures délibérations supplémentaires.

Et même les politiciens orthodoxes, en dépit de l’énorme importance du sujet, n’ont pas réussi à agir de manière décisive, y compris le ministre de l’Intérieur, Aryé Dérhy, qui a retrouvé en janvier le pouvoir de se prononcer sur cette ordonnance municipale, mais a refusé de la rejeter ou de l’approuver.

Diverses ONG et politiciens ont accusé Dérhy et la coalition de renoncer à sa responsabilité de gouverner, et de laisser à la Cour Suprême le soin de prendre les décisions politiques difficiles pour le gouvernement.

Dans la décision de mercredi, la cour de trois juges, présidée par Miriam Naor, a jugé que l’incapacité des divers ministres de l’Intérieur à expliquer pourquoi ils n’autorisaient pas le règlement municipal de Tel Aviv était déraisonnable et illégal.

Selon les termes du règlement municipal, initialement soumis à l’ancien ministre de l’Intérieur Gideon Sa’ar en août 2014, des permis seront accordés à 165 magasins d’alimentation – environ 15% des établissements de la ville.

À la suite de la décision, les politiciens orthodoxes ont rapidement réclamé une loi sur la question.

Le ministre de la Santé et président du Judaïsme de la Torah Uni, Ya’akov Litzman, a dénoncé la décision comme « une ingérence juridique flagrante dans les valeurs de la religion et du droit juif, ce qui ne laisse aucun autre choix que de faire déclencher un processus législatif pour contourner la Haute Cour afin d’empêcher l’érosion continue de la tradition juive et de la religion dans le pays ».

Dérhy a publié une déclaration disant qu’il avait demandé à la cour une prolongation de 60 jours avant qu’il ne se prononce sur l’affaire et qu’il avait déjà rédigé une lettre rejetant le règlement, mais qu’il avait décidé de ne l’envoyer qu’après Pessa’h.

Le président de Shas a appelé à une réunion d’urgence des députés orthodoxes et national-religieux « pour réglementer le statut du Chabbath » par une législation qui protégerait le statu quo. Il a également écrit au procureur général, lui demandant de requérir de la Haute Cour qu’elle tienne une nouvelle audience sur l’affaire devant un jury élargi afin de réévaluer sa décision.

Le député Bezalel Smotrich de Bayit Yehoudi a également attaqué la Haute Cour pour sa décision, en affirmant qu’elle s’inscrivait dans son «programme néolibéral pour saper le caractère juif de l’État», et soutenant que cela conduirait d’autres villes à suivre la voie de Tel-Aviv.

«La profanation du Chabbath nuit au caractère juif de l’État d’Israël et à des valeurs sociales importantes», a-t-il poursuivi, décrivant les partisans de l’ordonnance comme des «provocateurs égoïstes» qui insistent pour faire leurs achats Chabbath.

Smotrich a également critiqué le gouvernement pour avoir s’être abstenu de prendre une décision en la matière et a appelé les partis orthodoxes à insister pour qu’une législation soit adoptée afin de remédier au changement du statu quo en matière de religion et d’Etat, ajoutant que son parti « défendrait cet amendement [législatif] avec les partis orthodoxes « .

 

 

 

3 Commentaires

  1. Ma femme et moi sommes pratiquants et nous habitons en Israel. De même nos enfants tous adultes depuis longtemps et nos petits-enfants.
    Cependant je considère que chacun doit rester libre de ses convictions religieuses ou laïques. Aussi toute entrave à cette liberté m’est insupportable.
    Tout ce que les intéressés contre ces ouvertures le Chabbath peuvent faire, c’est la démocratie, est d’appeler à boycotter ces magasins d’une part en rappelant pourquoi, mais sans violence… liberté de chacun, de valoriser les magasins fermés le Chabbath et que les employeurs n’imposent pas le travail le Chabbath aux employés qui le respectent.
    Maintenant, pour que le législatif impose leur fermeture il faudra qu’il se fonde sur un intérêt général comme la sécurité, l’ordre public, etc., qui devront être clairement justifiés. La religion est une conviction pas d’ordre public…
    Si c’est Chabbath pour certains ce n’est qu’un jour ordinaire pour d’autres.

    • Votre ouverture est remarquable – en France ou ailleurs. En Erets Israël, cela se joue de manière un peu différente : dans la présente occasion, le fait était que la loi est claire, on n’a pas le droit d’ouvrir des magasins le Chabbath. De plus, la clé de ce genre de questions repose entre les mains du ministère de l’Intérieur – qui allait faire savoir son opposition à ce que le maire de Tel Aviv voulait faire.
      Or comme c’est le rav Arié Dérhy, la Cours suprême a pris les devants, et a ouvert la porte tout grand à la profanation généralisée à Tel Aviv. Là, sur le plan politique et législatif, il y a lieu d’intervenir, et c’est ce que les partis religieux veulent faire.
      On ne peut que les bénir.
      Il ne s’agit pas d’aller forcer qui que ce soit, et, du reste, si l’on suit votre discours, c’est justement la Cour suprême qui force le petit magasin de Tel Aviv d’ouvrir ses portes le Chabbath, contre sa conviction personnelle, forcé qu’est son propriétaire de se conduire ainsi de peur de faire faillite…

  2. L’ouverture de grands magasins le Chabbath est une tentative d’effacer le caractère de l’Etat d’Israël en tant qu’Etat juif. Cette « liberté » est un arrêt de mort décrété à plus ou moins long terme pour le petit commerce. Cette imposition antidémocratique, puisqu’un tribunal non élu use d’abus de pouvoir pour imposer ses opinions, est un décret de dictature laïque à peine déguisé, car il veut éliminer de la carte tout Juif désireux d’être respectueux du Chabbath et qui tient un commerce.
    On se retrouve comme en exil, lorsque des Juifs qui tenaient des commerces savaient qu’il leur serait impossible de respecter le Chabbath – question qui se posait surtout pour des personnes non-religieuses au départ et désireuses de se renforcer dans la pratique des mitsvoth – sans devoir mettre la clé sous la porte.
    Cette mobilisation des partis religieux est peut-être le dernier espoir. La dernière fois que cette horrible Cour Suprême infectée par l’antijuidaïsme de l’intérieur avait reculé, c’était lors de la manifestation religieuse et silencieuse dite du million, lorsque Aron Barak s’était pris pour le possek hador…

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